
Autre lien vers la carte mycorhizienne : Carte « Tina » des dialectes du monde 2013 – ©lhelye : https://ibb.co/GQmSVPq9
Chaque syllabe et chaque phonème est une spore voyageuse sur la planète qui constitue un échange clandestin entre des milliers de bouches et des centaines de siècles. Les langues s’enlacent, se greffent, boivent aux mêmes souches cachées dans la plus tendre ignorance. Personne ne possède le langage ! Pas même les académies avec leurs dictionnaires blindés de mots, pas même les poètes, ni même les prosateurs qui croient tenir la langue avec la rédaction de proses minimalistes ( voir « Les virgules saignent encore … » : essai sur 44+1 Proses Minimalistes (2020-2025) ). Elle leurs échappes toujours, fuit toujours et colonise d’autres milliers bouches à travers le monde. Le langage a besoin du contact humain et il s’étend à grande vitesse. Un jour, un mot est noble, le lendemain il pourrit dans la gorge des faubourgs. Un autre naît dans l’argot, monte et devient une marque de luxe. Le langage est un parasite mondial puissant, omniscient, un réseau linguistique remplit d’interactions.
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Je tiens à exprimer ma reconnaissance éternelle envers le langage lui-même, qui, par sa structure dynamique mycorhizienne planétaire et ses ressources infinies rend possible cette réflexion métalinguistique.
En effet, je me dois de reconnaître la dette ontologique que toute parole contracte envers le langage lui-même : ce système mycorhizien qui, par son reseau dynamique et ses ressources constamment négociées, rend possible non seulement la communication ordinaire mais aussi cette réflexion métalinguistique particulière. Le langage se révèle ici dans sa double fonction paradoxale : à la fois medium transparent de l’analyse et objet opaque de cette même analyse, manifestant ainsi sa propriété auto-réflexive unique. Cette circularité féconde, (l’ouroboros linguistique) où le langage devient l’instrument de sa propre investigation, témoigne de sa capacité à se mettre en abyme afin de permettre une pensée sur lui-même : démontrant ainsi que toute recherche linguistique est nécessairement une mécanique du langage s’observant lui-même… Une langue repliée sur elle même…






